• Entretien : Fanny Ardant - Ma Mère est folle

    Fanny Ardant est venue à Bruxelles pour présenter "Ma Mère est folle". J'ai eu l'occasion de deviser avec elle et ce fut un régal dont voici quelques extraits.

    Fanny Ardant

     C’est votre première collaboration avec Diane Kurys. Pourquoi avoir accepté le rôle ?

    Tout de suite, j’ai aimé ce personnage, j’ai aimé Nina. Je la trouvais libre, fantaisiste, généreuse, inattendue. Cela m’a plu tout de suite.


    Dans la vie, êtes-vous une telle mère ?

    Il faut demander à mes enfants. Je ne peux pas porter un jugement sur moi. En tant que mère, Nina ne me choque absolument pas. Je n’aime pas les gens raisonnables, ils m’ennuient. Au-delà de ce côté pas raisonnable, il y a le fait qu’elle ne s’avoue jamais vaincue. J’aime beaucoup les natures irréductibles, qui ne sont jamais victimes.

    Vous jouez rarement les femmes victimes, comme dans « Lola Pater ».

    C’était une grande liberté, Lola avait été jusqu’au bout de ce qu’elle voulait. Quel que soit le prix à payer. Et ça me plaisait aussi. Dans le film de Nadir Moknèche, ce n’était pas la métamorphose d’un homme en femme, c’est la relation entre un père et un fils se découvrant à cet âge-là. C’est audacieux ça.
    Je ne fais pas de différence entre l’amour paternel et l’amour maternel. Ce qui me portait dans « Lola Pater », c’était l’amour point final.


    Avez-vous travaillé le rôle de Nina ?

    Non. Vous savez, mon travail se passe à être disponible, de tout faire pour être disponible. Quand on commence à choisir les costumes, aller dans le sens du metteur en scène. Parce que l’histoire qu’on va raconter, il n’y a que le ou la metteur en scène sachant quelle histoire qu’il ou elle veut raconter. Le travail, c’est savoir son texte. C’est surtout me retrouver sur un plateau et me nourrir de tout ce que va me dire le metteur en scène. La légèreté de la disponibilité.

    Vous avez joué avec Vianney, qu’en avez-vous pensé ?

    Tout de suite, j’ai aimé ce garçon. Quand Diane me l’a présenté, il me plaisait parce que je le trouvais libre, intelligent. Il a une forme de pureté. Le cinéma est venu à lui et il est rentré dedans avec une grande, grande modestie. J’étais très contente d’avoir un fils comme lui. Jouer avec lui était une joie.

    Patrick Chesnais ?

    J’avais déjà tourné avec lui. Il avait joué mon mari dans un film de Marion Vernoux : « Les Beaux Jours ». Grand acteur, grand acteur. L’humour, la fausse mauvaise humeur, Patrick est comme un Stradivarius.

    Le tournage a eu lieu en Belgique, vos impressions ?

    J’aime beaucoup Bruxelles, je ne peux pas dire que je connaisse toute la Belgique. Mais j’ai toujours trouvé qu’il y avait quelque chose d’humain dans Bruxelles. J’aime le charme des hommes, il y a quelque chose de très courtois. Et puis, on avait une équipe de gens très sympathiques. L’ingénieur de son, je l’avais connu du temps d’un tournage avec André Delvaux.

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