• Critique : Adoration

    Adoration de Fabrice Du Welz avec Fantine Harduin, Thomas Gloria, Benoît Poelvoorde, Laurent Lucas, Peter Van den Begin, Gwendolyn Gourvenec, Charlotte Vandermeersch; distribué par Imagine

    L’histoire : Paul est un jeune garçon solitaire de 14 ans. Sa mère est femme de ménage dans une clinique psychiatrique. Son père les a quittés il y a déjà très longtemps. Une nouvelle patiente arrive à la clinique. Elle s’appelle Gloria, une adolescente trouble et solaire. Paul va en tomber amoureux fou et s’enfuir avec elle, loin du monde des adultes…

    La critique :  "Adoration" de Fabrice Du Welz est le troisième volet de sa trilogie ardennaise, entamée en 2004 avec "Calvaire", son premier long métrage, poursuivie dix ans plus tard avec "Alléluia". Entre ces films, il y eût  "Vinyan" en 2008, "Colt 45" en 2014 et "Message from the King" en 2017. En une quinzaine d’années, Fabrice Du Welz est devenu un des réalisateurs majeurs du septième art belge tout en proposant aux spectateurs un cinéma singulier.
    "Adoration" est un drame initiatique, une balade sauvage version ado, le périple de deux adolescents à travers les Ardennes. Paul est un jeune garçon timide, vivant près  d’un hôpital psychiatrique où travaille sa mère. Sa rencontre avec Gloria, une jeune patiente, va le bouleverser. Il tombe amoureux, la croit quand elle se dit victime d’une machination et s’enfuit avec elle.
    Le film est porté par le duo Fantine Harduin ("Happy End" de Michael Haneke)/Thomas Gloria ("Jusqu’à la garde" de Xavier Legrand), tous deux font montre d’un incontestable talent. Fantine Harduin parce qu’elle incarne avec justesse une jeune fille borderline (on ne saura pas quelle est sa maladie), Thomas Gloria parce qu’on ressent son questionnement, sa « naïveté ». Dans les rôles secondaires, on  retrouve Laurent Lucas (déjà dans "Calvaire" et "Alléluia"), Peter Van Den Begin ("Dode Hoek", "King of the Belgians") et Benoît Poelvoorde. Ce dernier a un petit rôle mais imprime sa marque en faisant preuve d’une belle sensibilité.
    Je retiens aussi une magnifique réalisation, les Ardennes filmées comme jamais. Des paysages, à la fois, beaux et inquiétants. Des lieux comme hors du temps.

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