• Entretien: Valéry Rosier - Parasol

    Par Michel Decoux-Derycke - Valéry Rosier est un scénariste, assistant-réalisateur et réalisateur belge. Entre 2005 et 2013, il va réaliser cinq courts primés à plusieurs reprises notamment par le Fipa d'or, Grand Prix du Festival de Bruxelles ainsi qu'une nomination aux European Film Awards. C'est en 2015 que son premier long métrage, "Parasol", aboutit sur le grand écran. Il remporte le Prix du Public au Festival du Film d'Amiens.
    C'est à Namur, lors du FIFF, que je l'ai rencontré. Entretien très agréable avec un réalisateur aux propos intéressants.

    D'où vient l'idée du film ?

    J'ai l'impression que le monde nous isole de plus en plus. J'avais envie de parler, ce que j'avais voulu faire sur "Silence radio", de parler de personnages qui veulent réagir à cette isolation, à cette solitude qui nous guette tout le temps. Je trouvais que l'atmosphère des vacances, qui est un peu impersonnelle, chargée de rêves, chargée de désirs, chargée d'illusions, pouvait être un beau lieu pour parler de ces gens qui sont en vacances de l'autre.

    Quelle époque de vacances ?

    C'est le mois de septembre. Il y a des tempêtes mais ce sont des vraies tempêtes d'été. Il y a des bars vides à Majorque le matin. C'est comme ça. J'ai aussi tourné en hiver. En général, les bars sont fermés en hiver, ils ferment de fin octobre jusque Pâques.

    Valéry Rosier - Théâtre Royal de Namur (FIFF 2015)

    Comment avez-vous composé le casting ?

    Il y avait l'idée d'avoir trois générations différentes. Et le fait qu'il y ait, dans une des histoires, une petite fille. Il y a une enfant, un jeune adulte, le jeune père de 45 ans et la femme de 73 ans. J'avais envie que ce film soit à l'image des vacances, à l'image de Majorque. En plein de langues différentes, avec parfois des problèmes d'incompréhension.
    En fait, quand j'ai débarqué à Majorque, je me suis renseigné pour une annonce pour un casting et il s'est avéré que c'était cher. Donc j'ai essayé d'inciter les journalistes à écrire un article sur moi, ils ont d'abord dit non. Finalement, j'ai eu droit à un petit quelque chose en citant une adresse e-mail, en expliquant que tout le monde était le bienvenu pour tourner dans mon film.

    Vous improvisez beaucoup ?

    En fait, je pars de canevas. Je pars de séquences prévues dans des lieux. Les lieux changent beaucoup parce qu'on n'a pas souvent l'autorisation de tourner. Au moment-même, on demande à des bars si on peut passer deux heures avec eux. C'est assez génial parce qu'on tourne dans des lieux où il y a encore des clients. On utilise le réel, on s'y adapte.

    Pourquoi ce titre: Parasol ?

    On est passé par beaucoup de titres pour en arriver à celui-là. Il a un aspect un peu simple, ce n'est pas un titre genre "Les vents contraires de nos amours imaginaires". J'avais envie d'avoir un titre simple qui évoque les vacances. Dans "Parasol", il y a le côté sol, il y a quelque chose qui évoque la solitude. Dans "Parasol", il y a une force poétique de l'objet, quelque chose de concret.

    En quelques mots, donnez envie aux lecteurs d'aller voir le film ?

    Je leur dirais que si ils ont envie de rythme, de lenteur, de moments difficiles et de rires, il y a un peu de tout ça dans le film. C'est un peu un melting-pot de beaucoup de sentiments.

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