• Critique : Muidhond

    Muidhond de Patrice Toye avec Tijmen Govaerts, Ina Geerts, Line Pillet, Julia Brown; distribué par Imagine Distribution

    L'histoire :  Jonathan, un jeune homme doux, est libéré de prison faute de preuves. Il retourne alors vivre chez sa mère dans une maison près des dunes. Jonathan veut oublier le passé et est déterminé à devenir différent, meilleur. Bien qu’il respecte scrupuleusement les règles, ses bonnes intentions sont mises à l’épreuve lorsqu’une maman et sa fille s’installent à côté de chez eux.

    La critique : Lors d'un festival, on m'a demandé pourquoi j'appréciais le cinéma flamand, j'ai répondu que c'était un cinéma qui ose. En Flandre, il y a une variété de sujets abordés qu'il n'y a pas du côté francophone.
    Avec "Muidhond", Patrice Toye s'attache à un thème plus que brûlant en Belgique : la pédophilie. Elle le prend par le biais d'un jeune homme, Jonathan, luttant contre ses pulsions. Problème, une gamine de neuf ans, Elke, habite près de chez lui, sa mère s'occupe peu d'elle et s'incruste dans la vie de Jonathan, voyant la possibilité d'un grand frère.
    Le film est dur et douloureux, porté par Tijmen Govaerts (vu dans "Girl"), il habite tellement son personnage que le spectateur souffre avec lui. On voit son combat intérieur. Son interprétation est, à la fois, subtile et puissante. Il y a également la jeune Julia Brown dont c'est le premier film. Son jeu est très naturel.
    L'environnement dans lequel vivent Jonathan et Elke est peu engageant. Deux immeubles à appartements, mal entretenus, au bord d'un canal, avec des pelleteuses constamment en action, tout cela contribue à une sensation de bout du monde, sans possibilité d'en sortir.
    Comme le dit avec justesse Patrice Toye, c'est la lutte d’un homme tiraillé entre le bien et le mal cohabitant en lui comme en chacun d’entre nous. Il révèle aussi notre impuissance et notre fragilité. Personne ne se fait tout seul. Nous devons nous accommoder de la manière dont nos gènes et notre environnement social nous ont façonnés.

    « César 2020 : "J’Accuse" nommé 12 fois, du Belge en liceMagritte 2020 : record de récompenses pour "Duelles " »

    Tags Tags : , , , , ,