• Critique: La Chute de l'empire américain (FIFF 2018)

    La Chute de l'empire américain de Denys Arcand avec Alexandre Landry, Maripier Morin, Rémy Girard, Louis Morissette, Maxim Roy, Pierre Curzi
    Comédie, Canada, 129', Avant-première FIFF 2018, Sélection TIFF 2018

    Affiche La Chute de l'empire américain (FIFF 2018)

     

    L'histoire: Pierre-Paul Daoust, 36 ans, passionné de littérature et docteur en philosophie est forcé de travailler comme livreur pour avoir un salaire décent. Un jour, en allant livrer un colis, il tombe sur une scène de vol à mains armées qui a mal tourné : deux morts. Il se retrouve devant deux sacs de sport remplis de billets de banques. Plusieurs millions.
     

    La critique: Qu'est-ce que ce film est jouissif ! On en sort heureux, avec le sourire aux lèvres, ravi de voir que d'un moment amoral sort une belle moralité, que les Québecois font le même constat que nous: leur société est aussi pourrie et corrompue que chez nous, que toutes les belles paroles des politiciens n'ont aucun effet, la lutte contre la fraude fiscale n'a jamais été aussi vaine. D'ailleurs, si vous voulez une liste des paradis fiscaux, regardez ce long métrage.
    Denys Arcand nous propose un excellent film avec des dialogues brillants nous faisant sourire, rire, réfléchir. C'est d'une telle justesse qu'on en est, par moments, comme deux ronds de flan. Rassurez-vous, pas besoin de sous-titres pour suivre, l'accent québecois ne gêne pas la compréhension.
    Quant aux interprètes, ce sont de belles découvertes. Le protagoniste principal, Alexandre Landry (Pierre-Paul) incarne véritablement bien son personnage qu'on croit vraiment à cet intello se croyant très intelligent. Il y aussi Maripier Morin (Aspasie, escort de luxe) dont c'est le premier rôle au cinéma, elle est impressionnante. Elle est d'une beauté à tomber par terre et ses yeux captivent. Rémy Girard (Sylvain "The Brain" Bigras) est un prisonnier spécial, étudiant la fiscalité pour se réinsérer, Pierre Curzi (Maître Taschereau), fiscaliste de haut vol et ancien "amant" de Aspasie, on le croirait fait pour ce rôle. Je pourrais citer aussi Vincent Leclerc (ami itinérant, autrement dit SDF, ami de Pierre-Paul) qui est à l'origine d'une des plus belles scènes de film, une scène tellement évocatrice que les larmes montent tout de suite aux yeux.
    Je retiens également de ce film qu'un personnage dit que le paiement par carte bancaire est une manière de contrôle pour que les "pauvres" ne puissent pas dissimuler leur argent, c'est tellement vrai. Je signale à tous ceux, croyant qu'on lutte ainsi contre l'argent de la drogue ou du terrorisme, qu'ils sont d'une naïveté confondante.
    La thématique de l'argent et le questionnement que Denys Arcand nous proposent sont pertinents. On ne peut faire autrement que se demander si, à la place de Pierre-Paul, volerions-nous ces sacs remplis de billets de banque que des criminels ont abandonnés après un hold-up. Que la réponse soit négative ou positive à ce débat moral, "La Chute de l'empire américain" mérite qu'on s'y intéresse. Aussi ce long métrage clôt la trilogie de Denys Arcand entamée en 1986 avec "Le Déclin de l'empire américain" et poursuivie en 2003 avec "Les Invasions Barbares".

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